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Par Julie  Boucher

Peut-on vivre longtemps avec un anévrisme de l’aorte ?

L’anévrisme de l’aorte est une affection dont le diagnostic soulève naturellement beaucoup de questions et d’inquiétudes. Le plus souvent découverte de manière fortuite lors d’un examen médical, cette maladie est perçue comme une épée de Damoclès en raison du risque de rupture. Pourtant, il est tout à fait possible de vivre longtemps et bien avec un anévrisme aortique. L’espérance de vie, elle dépend en grande partie de la taille de l’anévrisme au moment du diagnostic et de sa vitesse d’évolution. Avec une prise en charge adaptée, de nombreux patients poursuivent leurs activités quotidiennes normalement pendant de longues années.

Anévrisme de l’aorte : de quoi s’agit-il exactement ?

L’aorte est la plus grosse artère du corps humain. Elle part du cœur et distribue le sang oxygéné à tous les organes. L’anévrisme correspond à une dilatation localisée et permanente de la paroi de cette artère. C’est un peu comme un tuyau d’arrosage qui se bombe et forme une poche à un endroit précis. Avec le temps et la pression sanguine constante, cette zone fragilisée a tendance à grossir.

Le principal danger avec l’anévrisme de l’aorte est la rupture de cette paroi dilatée. Cela provoquera une hémorragie interne massive, ce qui constitue une urgence vitale. La plupart des anévrismes se développent au niveau de l’aorte abdominale (sous les reins), mais ils peuvent aussi toucher l’aorte thoracique. Ils sont souvent discrets et ne provoquent aucun symptôme, d’où l’importance d’un dépistage chez les personnes à risque. 

Comment la surveillance médicale permet-elle de vivre normalement ?

Lorsqu’un anévrisme de petite taille (inférieur à 50 mm de diamètre) est découvert sur l’aorte, le traitement ne consiste pas en une opération immédiate, mais en une surveillance active. Cette approche est incontournable pour vivre sereinement avec la maladie. Elle consiste en un suivi régulier par imagerie médicale (échographie-doppler ou scanner) tous les 6 à 12 mois.

L’objectif est de mesurer précisément la taille de l’anévrisme et de surveiller sa vitesse de croissance. Tant que la dilatation reste stable et en dessous d’un certain seuil, le risque de rupture est très faible. Cette surveillance permet au médecin de déterminer le moment optimal pour une intervention chirurgicale, c’est-à-dire avant que l’anévrisme n’atteigne une taille critique. 

Quel traitement pour un anévrisme de l'aorte ?-Lulu Nature

Quel traitement pour un anévrisme de l’aorte ?

La décision de traiter un anévrisme de l’aorte dépend exclusivement de sa taille et de sa vitesse d’évolution : 

  • pour les petits anévrismes (inférieurs à 50 mm) : la stratégie est la surveillance active, associée à une gestion des facteurs de risque (arrêt total et définitif du tabac, contrôle régulier de la pression artérielle…) ;
  • pour les anévrismes plus gros (supérieurs à 50 ou 55 mm) : une intervention est généralement programmée pour prévenir la rupture.

Pour ce dernier cas, il existe deux options chirurgicales. La première est la chirurgie ouverte durant laquelle le chirurgien remplace la section dilatée de l’aorte par une prothèse synthétique. La seconde technique est la pose d’une endoprothèse. Ici, le chirurgien insère la prothèse pliée à travers une artère de l’aine et la déploie à l’intérieur de l’anévrisme pour renforcer la paroi de l’artère. Une fois l’opération réalisée, la majorité des patients retrouvent une vie tout à fait normale avec une espérance de vie similaire à celle de la population générale

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